Cambodge
Tissage et confection des vêtements
en soie
Localisation : Siem Reap
- Cambodge
Structure : ONG de 18
personnes
Date de la dernière visite : visites
de deux étudiants en mars 06
Pourcentage du chiffres d'affaires
représenté par Ideo : 30%
Histoire du projet
Après deux années de bénévolat
dans une ONG au Cambodge, un jeune français, décide
de créer sa propre structure de commerce équitable
en février 2004. Il s’agit d’un atelier
de confection textile spécialisé dans le domaine
de la soie, afin de donner une formation et un emploi de
qualité à des jeunes filles issues de familles
très pauvres.
Au début, il y avait 5 jeunes filles, mais très
vite la strucuture s'est agrandi et désormais c'est
18 jeunes filles qui y travaillent et 8 nouvelles couturières
qui sont en formation.
Aspect social
> La coopérative
est dirigée par un Cambodgien. Les salariés
viennent pour la plupart de familles pauvres et sont recrutés
pour leur motivation, leur volonté d'apprendre et
de s'impliquer sur le long terme.
> Au Cambodge,
le marché de la soie est un secteur ou les prix sont
cassés et les gens gagnent très peu. On trouve
souvent des entreprises avec des employés travaillant
a la chaîne et ou les relations humaines sont impersonnelles.
C'est tout l’inverse dans cette ONG. Les salaires
vont de 60 dollars par mois pour une couturière
débutante, a 200 dollars pour une couturière
confirmée. ( salaire moyen au Cambodge = 30 dollars
par mois).
> L’ONG
ne travaille qu’avec de la soie d’origine Cambodgienne,
obtenue dans le cadre du commerce équitable. Alors
que ce pays était un des grands producteurs de soie
au monde, aujourd’hui 95% de la soie est importée
du Viêt-Nam.
> L’ONG
applique les règles suivantes dans sa relation avec
le village producteur de soie:
- Les tisserandes sont payées deux à quatre
fois plus que sur le marché : 1 dollar à 2
dollars par jour (4 a 5 mètres de tissu)
- 50% de la commande est pré-payée (cela permet
ainsi aux tisserandes d’acheter le fil de soie colore
en avance) puis les 50% restant sont payes a réception
de la commande.
- Amari, une jeune fille habitant a Phnom Penh, salariée
par l’ONG, va régulièrement contrôler
les conditions de tissage: qualité des tissus, pas
de travail des enfants, délais, …
Aspect écologique
> La soie avec laquelle travaille
les tisserandes est obtenue de manière traditionnelle,
selon des procédés ancestraux. Cette culture
est donc absolument respectueuse de l’environnement.
> De plus
les transports sont limités car cette soie provient
de la région de Phnom Srok au Cambodge et n’est
pas importée. Les colorants utilisés sont
les moins polluants possibles (sans métaux lourds,
sans azoïdes…)
L’apport d’Ideo
En une commande de 12.000 euros, Ideo est passé
premier client. Des étudiants qui ont visité
pour nous la structure témoignent : « Lorsque
nous demandons aux tisserandes ce qu’apporte concrètement
leur travail avec l’ONG, elles parlent de la confiance
dans l’avenir, elles peuvent acheter le fil sans s’endetter.
Et que font elles avec l’argent supplémentaire
grâce à l’ONG ? En premier lieu, elles
peuvent acheter à manger pour les enfants…Le
commerce équitable leur permet tout simplement de
manger suffisamment, donc répondre à un besoin
vital. Avec l’argent qui reste elles achètente
du fil de soie pour pouvoir tisser a nouveau ! »
Portraits
Awen,
créateur de la coopérative
" Le commerce equitable est selon moi une alternative.
En se fixant des objectifs sociaux, économiques et
environementaux, il constitue un moyen de créer une
dynamique permettant aux cambodgiens de retrouver leur dignité.
Si notre projet propose une alternative nouvelle au Cambodge,
son succès dépend de sa capacité à
dépasser le paradoxe inhérent au commerce
équitable: concilier rentabilité et développement.
Un tel projet nécessite du temps. L’autonomie
des bénéficiaires passe en effet par l’éducation
et la formation. Les principes coopératifs tels que
la démocratie participative ou la gestion collective
ravivent un sombre souvenir de l’histoire communiste
du Cambodge. Méfiance, manque de confiance en soi,
corruption sont des contraintes quotidiennes qu’il
faut gérer. Enfin, la récente adhésion
du Cambodge à l’organisation mondiale du commerce
(OMC) n’est pas sans susciter quelques inquiétudes
quant à l’avenir du pays.
L’ouverture au commerce équitable a
permis le préfinancement des premières commandes
importantes et permis aux artisans de travailler sans devoir
s’endetter.
Ideo, désormais principal client à l ‘export,
nous offre une visibilité de leurs
commandes à 6 mois. Ce qui permet aux artisans
de s’organiser avec confiance avec la garantie
d’un prix fixe et juste.
D’autre part, grâce à un prix juste,
défini entre les partenaires, les
tisserandes de Prey Chei ont augmenté leur
revenu de 50% depuis qu’elles tissent pour
notre coopérative. Ces revenus sont les seuls revenus
garantis pour les nombreuses familles isolées de
Prey Chei.
Enfin, le travail développé pour l’export
nous permet désormais de proposer
des produits de qualite industrielle, fait a la main, notamment
grâce à l’amélioration du contrôle
de la qualité des coutures et du tissage.
Afin d’obtenir plus de crédibilité face
au consommateur, une demande de
labelisation Fair trade a déjà été
adressée a l’IFAT afin d’obtenir une
labelisation reconnue.
Commercialement, l’objectif est désormais de
continuer à développer le marché à
l’export afin d’équilibrer les débouchés
locaux et à l’export.
Le développement de la coopérative nécessitera
l’insertion de 6 couturières supplémentaires
avant la fin de l ‘année 2006.
En 2007, la creation d’une mutuelle assurance
pourra etre envisagée ainsi que d ‘un fond
de retrraite pour 2008.
Sokhna
, couturière de la coopérative
"Je travaille pour la coopérative depuis février
2004. Cela faisait 2 ans que j'avais fini une formation
en couture dispensée par une association pour les
personnes défavorisées. 2 ans à travailler
chez moi comme couturière independante. Je ne gagnais
guère plus de 10 ou 20 dollars par mois
avec la couture. Ce n'était pas suffisant pour supporter
ma famille.
Quand la coopérative m'a demandé de participer
à un projet cooperatif, ma vie a commencé
à changer. J'ai d'abord appris a coudre des vêtements
occidentaux puis à les couper.
Aujourd'hui, je taille des vêtements en soie sur mesure.
Je suis specialisée dans les robes. Mon salaire est
de 80$/mois, plus les bonus en fonction de mes résultats
et des résultats de la cooperative. J'ai
des moments de repos que je partage desormais avec mes amis
et ma famille dont je me sens désormais plus proche.
Le mot que j'aimerais adresser à tout ceux qui achètent
les vêtements que nous confectionnons : Merci de nous
confier du travail.
Merci de votre confiance !"
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